Récit de Takamori - Compte rendu de Tenga
Dans moins d’une semaine, démarre le monde du jeu, durant celui ci, Tenga sera présenté par son auteur Jérôme "Brand" Larré. Nous avons pu réaliser avec lui une série d’article afin de vous présenter le jeu, nous vous les présenteront régulièrement à 14h, à raison d’un par jour, d’ici vendredi.
Voici le premier article, il s’agit principalement d’un compte rendu de partie. Mais tout d’abord, l’auteur nous offrela présentation des PJs. Nous aurons d’ailleurs, dans les jours à venir une interview des joueurs.
Présentation des PJs :
Takamori - Je suis un ancien apprenti forgeron - aujourd’hui fugitif - qui espère que ses errances lui permettront de retrouver enfin la paix. Mon cauchemar commença lorsque je trouvai mon maître tué par une de ses propres créations. Depuis ses assassins n’ont eu de cesse de me poursuivre et je me demande souvent si les kamis eux-mêmes ne se réjouissent pas de mes tourments. Ainsi, haïssant la violence et croyant longtemps avoir été prédestiné à servir de médiateur et calmer les querelles, mon seul moyen de subsistance est désormais de pourvoir des armes de mort à qui veut bien les acheter. Aussi, je vis en vagabond, espérant n’avoir à me servir de mon « art » que le moins possible. Comble de l’ironie, ma seule fortune est la lame terrifiante et assoiffée de sang qui est à l’origine de tous mes malheurs : la maudite Muramasa de mon maître.
Yasushi - Je suis un potier itinérant abandonné par ma propre famille, mais malgré tout ce que je dois d’abord rembourser à ceux qui m’ont aidé, je réussirai à ouvrir mon propre atelier et à montrer à tous que je peux moi aussi réussir dans la vie. Animé d’une volonté inébranlable, je vivote pendant l’été et rejoins ma famille d’adoption pendant l’hiver, profitant de leur four pour fabriquer toutes les poteries que je vendrais plus tard dans l’année. Mais, alors que les troupes des seigneurs de guerre envahissent et pillent la région, je me dépêche de revenir vers leur village afin de les avertir du danger.
Tanizaki Masao - Je suis un jeune seigneur qui a été propulsé largement au-dessus de ma condition par les troubles de l’époque. Connaissant le succès sur le champ de bataille comme sur mes terres fraîchement acquises ou ma chambre à coucher, j’ai réalisé à la naissance de mon second héritier mâle que les kamis me souriaient et que tout me réussissait beaucoup trop facilement. Sans réelle adversité, je ne pouvais revendiquer ce titre de héros que tous semblaient bien trop pressés de me donner. Seule la bataille avec mon propre destin décidera du nom que me donnera l’histoire. Impulsif, parfois naïf et obsédé par la légende que je souhaite me forger, j’ai donc repris la route à la recherche d’une opposition à sa hauteur …
Akuro - Je suis la fidèle servante de Tanizaki Masao, mais je dois bien avouer qu’on me prend souvent pour sa mère. Veuve et ayant depuis longtemps perdu l’espoir de retrouver un mari, j’avoue que si je proteste pour la forme, cette confusion fait très régulièrement ma fierté. Discrète et effacée, j’ai néanmoins choisi d’accompagner mon jeune seigneur contre son gré lorsqu’il a décidé de quitter son fief. Depuis, je le suis partout, veillant à non seulement à ce qu’il manque de rien, mais à ce qu’il se sorte en vie des ennuis que son impétuosité ne cesse de mettre sur sa route. Même si je reste à ma place, je ne rêve que de le ramener sur nos terres. Je sais que si je ne peux le faire de vivant, il tient suffisamment à moi pour que mon sacrifice lui fasse réaliser la futilité de sa quête. Enfin, je crois.
Ryô – Je ne sais plus trop ce que je suis. Il y a encore pas si longtemps, j’étais un médecin idéaliste qui en était réduit à voler pour pouvoir se fournir en médicaments et soigner les villages isolés. Depuis peu, il semblerait que je sois devenu bien malgré moi un samouraï du clan Hosokawa et le fier disciple de Tanizaki Masao, même si je dois bien reconnaître n’avoir que des ennuis depuis que j’ai rencontré son chemin et celui de sa servante. Ayant décidé de passer ma vie à préserver la vie et au service des autres, quelque soit leur statut, je n’arrive pas à me faire à mes nouvelles obligations. Notamment à leurs implications les plus martiales. Mais je n’ai pas peur et je ne me fais pas d’illusions sur mon avenir, je sais que je finirai comme mon père, oublié de tous et gisant anonyme sur le bord d’un chemin.
Récit de Takamori :
Cela faisait presque une semaine que j’avais quitté l’échoppe de mon maître sans autre compagnon que le sabre qui avait provoqué sa perte. Les rares voyageurs avec qui j’avais pu échanger quelques mots sur le bord de la route semblaient tous m’éviter, comme s’ils pouvaient deviner mes tourments et la funeste destination de la voie que je m’apprêtais à emprunter. C’est donc avec un soulagement certain que j’accueilli la rencontre avec Yasushi. Ainsi que sa compagnie.
Le jeune homme était un potier itinérant originaire du village de Miyamura dans la province de Tamba. Il se hâtait de rentrer à son village pour avertir ses parents des troubles qui agitaient la région. En effet, suite à la défaite d’Akechi Mitsuhide à la bataille Yamazaki l’avant-veille, cette dernière était infestée de fuyards d’une des armées et des soldats de l’autre, chacun commettant son lot de pillages et d’exactions. A ma propre surprise, je décidais quand même de l’accompagner chez lui, avec la désagréable sensation que je le suivais précisément parce que c’était dangereux et insensé.
Comme nous aurions pu nous y attendre, alors que nous dormions non loin de notre destination, nous fûmes donc réveillés quelques jours plus tard par des hommes en armes. Poursuivant les vaincus, ils étaient très nerveux et nous suspectaient de faire partie des fugitifs. Contre toute attente (par contre), un homme se présenta comme Tanizaki Masao et s’interposa. Une courte bataille s’en suivit, où le rejoignirent un samouraï et une petite vieille des plus surprenantes. Nos assaillants mis en déroute, nous remerciâmes longuement nos sauveurs et découvrîmes que si le samouraï en question en faisait bien partie, c’était son disciple, Ryo, qui s’était réclamé de son nom. De plus, la vieille femme n’était autre que sa servante, Akuro. L’homme était justement le suzerain de Miyamura qui rentrait sur ses terres après près d’un an d’absence. Lui aussi avait participé à la bataille de Yamazaki ; lui aussi avait perdu ; lui aussi était un fuyard. Mais Ryo semblait intarissable sur la façon dont son maître avait réussi à échapper aux trente cinq milles hommes de l’armée adverse, au point d’en devenir une nuisance… vite oubliée lorsque nous nous aperçûmes que cet étrange groupe comptait un quatrième et calme membre : le cadavre du seigneur de Tanizaki, Mimaki Kaneaki. Cette vision d’horreur nous glaça sur place, surtout lorsque nous réalisâmes qu’ils le portaient plusieurs jours et sur des dizaines de kilomètres. Mais, devant les dangers de la région, nous préférâmes la compagnie dégoûtante de ce cadavre, à rester seuls et sans armes dans cette région infestée de bandits…
L’arrivée au village ne se fit pas comme mes compagnons s’y attendaient. Celui-ci était désormais protégé des pillards par des mercenaires fraîchement embauchés après le départ de Tanizaki, et auprès de qui ces derniers avaient préféré le faire passer pour mort que supporter la honte d’avoir été abandonné par leur suzerain. Malgré son retour et même après avoir prouvé qu’il était bien toujours en vie, l’accueil restait exceptionnellement froid – y compris au sein de la famille de Yasushi. Nous étions constamment surveillés par un garde et les villageois nous parlaient peu. Malgré tout, nous fûmes invités à la table du chef du village qui avait aussi convié le chef des mercenaires afin de nous expliquer la situation. Un grand honneur pour un vagabond de ma sorte, et un repas délicieux qui me changea particulièrement de l’ordinaire.
Apparemment rarement confronté à l’échec, Tanizaki n’imaginait pas récupérer son village autrement que facilement. Mais en enquêtant quelque peu (et peut être un peu aussi en tentant d’accroître l’étendue pourtant cruellement réduite de mes possessions), je risquais de me faire embrocher par un des gardes. Encore une fois, il fallut l’intervention de Ryo pour me sortir de là, mais le malheureux prit un méchant coup à l’épaule. Alors que nous allions rentrer avertir nos compagnons de notre bévue, une troupe de soldats du clan Oda, probablement à la recherche de Tanizaki, arrivait aux portes du village et réquisitionnait l’hospitalité aux mercenaires bien embêtés.
Alors que Yasushi, Tanizaki et moi même tentions de fuir pour rejoindre nos compagnons, les mercenaires, pas encore au courant que Ryo et moi avions tué l’un d’entre eux, nous amenèrent à une cache à proximité du cimetière afin de nous cacher jusqu’à ce que les hommes du clan Oda quittent le village. Pourtant, alors que nous arrivions à proximité de la fosse commune, les villageois s’en prirent à nous. Et ce jusqu’au père de Yasushi qui tenta de poignarder son propre fils. A ce moment là, des hommes jaillirent de la forêt proche, et se ruèrent vers nous. Nos compagnons reconnurent le mon des Hosokawa et un combat sur trois fronts s’engagea alors…avant qu’une douleur insoutenable au ventre nous fit lâcher prise, puis perdre connaissance. Ces chiens nous avaient empoisonnés !
Au réveil, une puanteur nous agressait le nez et les intestins. Nous étions de nouveau tous réunis, dans le noir complet. Il nous fallu quelques minutes pour comprendre que nous avions été jetés dans le trou de la fosse commune, qui elle même avait été rebouchée par un rocher. A par nous, la seule personne encore en vie était un Hosokawa tombé dans la fosse pendant le combat et aux jambes brisées. Celui-ci nous appris que les hommes que nous avions contre-chargés étaient en fait venus nous protéger des mercenaires et que ceux-ci étaient en fait des brigands ayant réduit une partie des villageois en esclavage. Une fâcheuse confusion, somme toute… Par contre, la pire nouvelle fut la disparition de mon sabre, ils allaient tous payer!!!
Après quelques fouilles désagréables et des errements dans des galeries que j’aurais bien du mal à narrer maintenant, nous progressions en file vers ce qui nous semblait être la lumière du jour. Puis, soudainement, en tête du cortège, Tanizaki s’arrêta net. Contorsionné et gêné par mes camarades (car malgré mon courage, et pour éviter qu’on soit pris à revers, je me retrouvais bizarrement à l’arrière), je ne vis pas réellement ce qui suivit. J’entendis des bruits de combat, un cri de douleur étouffé de Tanizaki et une espèce de rugissement animal indéfinissable. Devant moi, Yasushi, paniqué et qui portait le blessé Hosokawa sur le dos se mit à reculer, avant de courir droit devant au signal de Tanizaki. Mais à peine arrivions nous dans la même « salle » que lui, qu’une partie du plafond s’écroula sur nous.
L’homme – ou la créature - que combattait Tanizaki était en train de gémir dans les décombres et, malgré l’éboulis, semblait vouloir se relever. Pris de panique, je me jetais sur lui et commençais à fracasser son crâne avec une pierre, avant de recommencer et de recommencer encore. Seuls les efforts de mes compagnons mirent fin à cette frénésie meurtrière. C’était la première fois que je cédai à ce genre de pulsion. D’une certaine façon, je mentirais si je disais que cela fut uniquement désagréable, mais, je ne peux m’empêcher de revoir le regard triste, résigné et impuissant de cette homme alors que je me laissais aller à la pire des sauvageries.
Pendant ce temps, Ryo et Akuro dégagèrent Yasushi et Tanizaki des décombres. Ce dernier était fort mal en point, mais notre compagnon d’infortune Hosokawa n’eut pas autant de chance. Devant cette avalanche de cadavres et de sang, je me surpris à m’imaginer en train de me purifier dans un temple et promettre quelque offrande aux kamis si je m’en sortais en vie. Car désormais, la sortie d’où nous voyions poindre la lumière du jour était à présent obstruée et, après avoir un peu exploré les lieux, la seule autre nous amenait à un mystérieux lac souterrain milieu duquel se trouvait un temple. Mais plutôt que nous aventurer plus avant dans, nous décidâmes plutôt de dégager la sortie la plus sûre et de rejoindre la lumière du soleil, pressés que nous étions de nous retrouver sous la protection bienveillante d’Amaterasu…
Le chemin dégagé, Akuro soigna les blessés, et nous partîmes tout les deux à la découverte des grottes et de ce temple souterrain. Je ne m’explique toujours pas ce qui s’y est passé, et je n’ai aucune envie d’en parler ici. Toute ce que vous avez besoin de savoir c’est que c’est à partir de ce moment que notre relation commença à se détériorer. Elle parla aux autres d’esprits et d’autres sornettes, et ils commencèrent d’ailleurs à se méfier de moi. Mais tout le monde sait que les esprits sont juste une invention des grands de ce monde pour faire peur aux petites gens. Non ?
Une fois à l’air libre et nos esprits repris, nous nous rendîmes tous à Mimaki, la grande ville la plus proche, afin d’aller chercher de l’aide et de permettre à Tanizaki de reprendre son village. Je ne peux pas parler pour les autres, mais je crois bien qu’aucun d’entre nous n’était motivé par autre chose que la volonté de se venger de tous les outrages que nous avions subis.
Mais après une journée de marche, nous fîmes une bien mauvaise mais logique découverte : Mimaki était désormais aux mains de nos ennemis, les Oda !
Compte Rendu écrit par Brand et Heuhh.
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Un peu décousu comme récit, pas toujours facile à lire mais bon, c’est un compte-rendu de partie, pas un roman. Ca donne déjà une petite idée des intrigues et aventures possibles dans Tenga. Je suis impatient d’en lire davantage.
posté le : septembre 15th, 2009 at 7 h 51 min
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