Labyrinth : l’interview

Postée par Heuhh Le 1 février 2010

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer deux auteurs de talents, Guillaume « Penpen » Herlin et Tony « Pandytogo » Godin. Dont leur première œuvre « pro » sort là, dès maintenant, tout de suite : Labyrinth.

 

Juste pour rappel rapide, Labyrinth est un vaste monde clos où des criminels arrivent sans trop savoir comment, sans trop se rappeler leur passé, ils débarquent avec un gantelet spécial prenant n’importe quelle forme. Ce monde, dans lequel ils arrivent, est violent, sombre et quelque peu surnaturel. Trois grandes entités se partagent le territoire : l’Empire, la Religion et la Mort.

 

 

Bref, à l’occasion de la sortie de cet opus, nous avons la chance d’avoir sous la main les deux auteurs.

 

 

 

Dur de faire dans l’originalité, je vous propose donc pour commencer, de vous présenter en deux-trois lignes.

 

 

Guillaume : Pour faire original, Guillaume, 28 ans, infirmier de son état, joueur depuis plus de 15 ans et créateur depuis une bonne dizaine. Je suis tombé dans le jeu de rôles suite à la rencontre avec mon comparse, Tony, qui m’a poussé à lui masteriser Warhammer en solo. Puis rapidement, nous avons commencé à faire nos propres créations, regardant des Chevaliers du Zodiaque pour noter toutes les techniques afin de faire un jeu de combat, ou bien créer des petits jeux de cartes plus originaux.

 

Tony : Et bien, j’ai 28 ans, je travaille dans la communication. Je suis tombé dans l’univers des jeux avec Cthulhu, Vampire et Warhammer. Depuis, ne trouvant pas forcément les univers et gameplay me convenant, j’ai rapidement commencé à créer des choses …

 

La grosse originalité de Labyrinth, on ne le dira jamais assez est qu’il se joue avec un Tarot de Marseille. En dehors du fait que vous devez sûrement avoir un bakchich de Carta Mundi…  Comment vous est venue l’idée d’utiliser des cartes ?

 

T : Elle s’est imposée à nous dès que le projet est devenu sérieux. Nous avions, pour la version amateur, développé un système au D20 très classique qui ne nous branchait pas plus que cela, il n’était pas adapté à l’univers et ne faisait pas ressentir l’ambiance du Labyrinth aux joueurs. Avec le Tarot, nous étions certains de coller parfaitement aux thèmes du jeu. Son utilisation ne nous a pas effrayé, nous n’avions aucun a priori quant à l’utilisation des carte en jeu … au contraire, on s’est tout de suite imaginé ce qu’il était possible de faire avec !

 

G : Comme le dit Tony, cela c’est imposé à nous. Labyrinth et son univers utilisaient déjà le nom de tous les atouts du Tarot de Marseille et nous ne pouvions pas nous passer de cela. Par la suite, notre choix n’a fait que se confirmer puisque les cartes amènent une ambiance très particulière, un équilibrage parfait, des possibilités plus importantes que le dé. Désormais j’aurais du mal à imaginer jouer à Labyrinth avec des dés.

 

Perso, je vais vite passer sur le système, tant l’univers que vous proposez est riche. Comme dans Sable Rouge, on se retrouve dans un univers Mad Maxien. Qu’est-ce qui vous attire dans ce genre ?

 

T : Ce genre d’univers fait appel aux instincts les plus primaires des personnages… et donc des joueurs. Se battre pour sa survie, pour obtenir plus de pouvoirs, pour obtenir une place, cela implique très rapidement les gens et leur facilite le « rôle ». De plus ce sont des univers visuels ou pour lesquels il est facile de visualiser les choses et les protagonistes, les références en la matière sont nombreuses.

 

G : Je trouve que ce genre d’univers amène un réel jeu d’équipe avec ses oppositions entre joueurs, ou au contraire le soutien sans faille. Dans un univers de survie, les sentiments des personnages et le roleplay des joueurs est souvent exacerbé.

 

 

 

Le monde que vous proposez repose sur un triptyque, l’ordre, la foi et le chaos (si je caricature), on se retrouve dans une société un peu médiéval fantastico-steam-pulp. Quelles sont vos inspirations, comment arrive-t-on à un tel mélange des genres ?

 

G : Labyrinth est issu de nombreuses inspirations, la première étant le tarot de Juan Gimenez qui a directement influencé les grands lieux et les grandes personnalités de l’univers. Par la suite, des inspirations telles que witchblade pour le gantelet mais aussi de nombreuses illustrations découvertes à droite ou à gauche. Labyrinth est réellement issu d’un mélange très diversifié. Nous avons intégrés au fur et à mesure diverses inspirations, le travail sur la version éditée du jeu nous a permis de remettre toutes ces inspirations à plat.

 

T : Oui, comme le dit Guillaume, Labyrinth est un mélange de plein d’éléments qui nous plaisaient. Le temps avançant, nos goûts ont évolué, nos attentes aussi, nous avons donc fait évoluer le Labyrinth en parallèle. Il a mûri avec nous, nous le couvons depuis très longtemps lol. Nous avons essayé de faire en sorte que  toutes ces inspirations se lient parfaitement, qu’elles ne fassent pas tâche dans le paysage. J’espère que nous y sommes parvenus !

 

Bien que Labyrinth propose divers style de jeu, enquête, politique, exploration, action, guerre… Comment l’aimez-vous votre Labyrinth ?

 

G : mon Labyrinth est survivaliste. De plus, j’aime jouer sur les apparences parfois trompeuses, qu’un type sympa soit la pire ordure que vous puissiez croiser, que la brute soit au final un type sympa, que la Mort ne soit pas si sombre et brutale qu’on peut le penser.

 

T : Moi je l’aime épique, je passe souvent le stade de la simple survie pour observer avec attention la place que prendront les personnages dans l’univers, cela en les confrontant à des personnages d’importance ou à des évènements marquants. Leurs décisions pesant sur l’avenir du Labyrinth et des Condamnés. La survie devient alors qu’un fil rouge « secondaire », qui peut réapparaitre parfois, à la surprise générale !!!

 

Le mot qui revient chez l’un comme chez l’autre est "survie", c’est clair que vous n’avez pas fait un jeu "facile", il est assez sombre. Pensez vous que c’est une attente du public d’avoir des jeux plus "mature" ?

 

T : Une attente du public je ne sais pas trop, mais une attente me concernant, oui ! Nous avons joué à énormément de jeux de rôle avec Guillaume, avec des groupes différents, des maitres de jeu différents, et rares étaient les fois où les personnages étaient réellement en danger. Les confrontations étaient là pour utiliser ses pouvoirs, démontrer sa puissance, les obstacles "frein". Nous avons dès le début décidé que dans le Labyrinth, les confrontations seraient à éviter (sauf plans savamment élaborés, attaque dans le dos) sous peine de se faire laminer, et que les obstacles seraient "mortels"…

Donc voilà, pas forcément une attente identifiée du public mais plutôt une envie de proposer quelque chose de "trop mortel" (c’est has been comme expression mais tant pis)

 

G : Je ne pense pas que ce soit une attente du public, mais le thème même de Labyrinth amène un jeu sombre, où la loi du plus fort règle et les règles reflètent cela. Il n’y a aucune honte à fuir devant un adversaire plus fort, d’être fourbe pour arriver à ses fins. Toutefois, bien que Labyrinth soit un jeu sombre et "mature" rien n’empêche de s’amuser autour de la table, l’ambiance sera celle que les joueurs veulent donner. Tony et moi ne jouons pas à Labyrinth de la même façon

 

Votre œuvre est parsemée de Nouvelles, qui faut l’avouer permettre de se plonger agréablement dans l’ambiance du jeu. Vous avez voulu faire un peu comme ces jeux qui proposent des romans qui permettre de mieux appréhender l’univers ?

 

T : Pas particulièrement, mais c’est quelque chose qui nous plait. Nous trouvons également que cela permet une immersion plus rapide dans l’univers. Nous avons eut la chance de collaborer avec des auteurs de talents, qui ont suivi le développement de Labyrinth depuis longtemps. Ils avaient une vision précise de l’univers, de l’environnement et de l’ambiance … Je tiens d’ailleurs ici à les remercier pour le travail accomplit !

 

G : Non le jeu-roman n’était pas notre objectif, les nouvelles sont venues de l’envie de collaborer avec divers auteurs du milieu. De plus, chaque nouvelle permet d’explorer un peu plus, une ambiance particulière du Labyrinth, nous ne pouvions donc pas nous en passer. Pour moi, les nouvelles permettent d’appréhender le monde tout en faisant une sorte de pause dans la lecture du livre, quelques pages qu’on lit sans trop réfléchir en suivant les différents protagonistes.

 

 

 

Avez-vous des suppléments en tête ? On sent qu’une bonne campagne mythique des aïeux pourrait casser la baraque… mais peut-être allez-vous plutôt proposer des descriptions plus poussés sur l’univers ?

 

 

G : oui, nous avons encore de nombreuses idées pour Labyrinth mais parler de supplément est peut-être encore un peu précoce. Il faudra voir avec notre éditeur, les Editions Icare, car cela va sûrement dépendre des ventes de Labyrinth, de ses possibilités financière, de l’accueil du public. Mais si supplément il y a, ça sera une bonne campagne qui chamboulera l’organisation même du Labyrinth.

 

T : Oui, l’idée de la grosse campagne nous turlupine depuis pas mal de temps, mais nous sommes en attente des retours du public avant de nous atteler à la tâche, histoire de ne pas partir dans la mauvaise direction.

 

Un suivi électronique est-il prévu ?

 

G : nous avons de nombreux scénarios qui seront surement relus et corrigés pour être mis à disposition de joueur. Mais pour le moment, comme pour les suppléments papier, aucun suivi particulier n’est encore prévu. Nous aimerions également mettre à disposition un jeu de tarot spécial Labyrinth.

 

T : Oh oui, un jeu de tarot … ce serait géant !!! Désolé, je m’emballe. C’est certain que nous avons du matériel à proposer en .pdf. Reste à se retrousser les manches.

 

Comme à mon habitude, je vais vous faire le coup du portrait ludique chinois. Si vous étiez un jeu de société lequel seriez-vous ?

 

G : euh Ghost Story, c’est dur mais en travaillant ensemble on peut y arriver.

 

T : Rolalala, comment il fait le bon élève le Guillaume !! Pour moi ce sera, en restant dans le pur jeu de société, le Burger Quizz J

 

Un jeu de rôles ?

 

T : Neverwhere, une belle boite, des belles fiches de perso et de belles idées.

 

G : bah Labyrinth

 

Un dé ?

 

T : En ce moment, un D12, mais ça change régulièrement …

 

G : D20, j’aime bien ses possibilités multiples

 

Une feuille de personnage ?

 

T : Celle du *Projet Secret du Studio N°1* J

 

G : Crimes, j’aime pas être chiffré

 

Une illustration (au sens le plus large qui soit) ?

 

G : oula y en a plein, "Le cri" quand je vois encore tout le boulot qui reste pour Labyrinth et nos autres projets

 

 

 

T : « L’Origine du Monde » de Courbet, mais vraiment parce que vous insistez et qu’il n’existe aucune censure entre nous.

 

 

 

Merci beaucoup de m’avoir accordé de votre temps. Un dernier mot pour la fin?

 

T : Nous espérons que Labyrinth plaira à nombre de rôlistes, nous y avons mis toute notre passion et une bonne partie de notre énergie depuis une dizaine d’année maintenant. Le Studio Nuits Blanches vous réserve encore plein d’autres choses !!

 

G : Merci beaucoup de votre intérêt pour Labyrinth et pour ikosa.net, un site qui en peu de temps à se rendre indispensable dans le paysage ludique.

 

 

propos recueillis par Heuhh

 

 

Studio Nuits Blanches : www.nuits-blanches.org

 

 

 

 


1 commentaire
  1. fablyrr a dit,

    une belle team et surtout un très bon jeu; merci messieurs !

    posté le : février 2nd, 2010 at 13 h 19 min

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